| Matériau de construction millénaire, la brique présente d’excellentes qualités en termes de résistance mécanique, de confort thermique et de comportement face à l’hygrométrie comme à l’humidité. Malgré ces atouts, elle a été supplantée par les blocs de béton, communément appelés parpaings ou “agglos”. Ceux-ci sont, en effet, plus simples et plus rapides à monter : ils demandent donc moins de savoir-faire et entraînent un coût de main-d’œuvre moins élevé. Les blocs de béton cellulaire – matériau moderne qui offre de nombreuses qualités écologiques, thermiques, hygrométriques… – sont venus les concurrencer et connaissent un certain succès. |
| Pour reconquérir le marché de la construction individuelle, les principaux fabricants français de briques ont mis au point, sous l’appellation générique “Monomur terre cuite”, un modèle alvéolé de grandes dimensions (Bouyer Leroux, Imérys, Wienerberger…). Par ses qualités, ses performances, son principe de pose et ses accessoires (linteaux, briques de chaînage, d’ébrasement…), il est devenu un matériau attrayant : sa mise en œuvre, comme celle du béton cellulaire, permet un gain de productivité important. |
DES REPONSES AUX REGLEMENTATIONS Le Monomur terre cuite se présente sous la forme d’un bloc alvéolé de 30 ou 37,5 cm d’épaisseur, de 25 à 37 cm de largeur et de 20 à 25 cm de hauteur environ, pour un poids de 15,5 à 19,8 kilos. La forme, la disposition et le nombre d’alvéoles diffèrent d’une fabrication à l’autre, en fonction des caractéristiques des argiles régionales ou locales. Dans le matériau sont parfois ajoutés des éléments porogènes (sciure de bois, billes de polystyrène, déchets de papeterie…). Ils disparaissent lors de la cuisson et font place à des microcavités. |
| Répondant aux exigences de la réglementation thermique en vigueur (RT 2000) et à venir (RT 2005 ou 2006), la brique Monomur garantit une isolation très efficace. Les multiples alvéoles de petites dimensions renferment de l’air quasiment immobile, qui constitue une barrière aux échanges thermiques. |
| Le système de pose à joints discontinus (alternance de lame d’air et de mortier) contribue à la performance du système. L’utilisation du collage avec des joints minces limite les déperditions de chaleur, définies par le coefficient U et par la résistance thermique R. Le coefficient U est particu¬lièrement bas (0,33 à 0,39 W/m2.K), et la résistance thermique atteint 2,40 à 2,87 m2.K/W, selon les épaisseurs et les fabrications. Ainsi, il n’est pas nécessaire d’isoler les murs par l’intérieur ou l’extérieur (voir encadré). |
| Les accessoires composant ce sys¬tème constructif rendent le bâti homogène, sans fuite de calories dans un endroit non isolé (pont thermique). |
| Naturellement insonorisant par sa masse et sa structure alvéolaire, le Monomur atténue les bruits extérieurs (indice d’affaiblissement acoustique de 43-45 dB environ). |
UNE BARRIERE REGULATRICE NATURELLE Par sa fabrication, le Monomur est un matériau sain et améliore le confort intérieur de la maison toute l’année. Il ne dégage pas dans l’atmosphère de composés organiques volatils (solvants, styrène, liant…), ne contient pas de métaux lourds tel le plomb, ni de fibres minérales ou végétales, et n’induit aucun trouble de santé pour les occupants. |
| L’été, il apporte une sensation de bien-être car son inertie thermique limite la pénétration de la chaleur extérieure. Elle peut l’atténuer de 4 à 6 °C, ce qui permet de conserver une température intérieure agréable (comme le ferait un climatiseur). |
| Pendant la saison hivernale, l’inertie du matériau offre une régulation de la “puissance de chauffe appelée” : c’est-à-dire sans à-coups, compara¬tivement à une construction isolée par l’intérieur. Ainsi, le système Monomur peut apporter une économie d’énergie de l’ordre de 10 % sur une saison de chauffage par rapport à une solution équivalente avec une isolation intérieure. En résumé, une brique Monomur de 37 cm d’épaisseur correspond au confort d’hiver, dans les régions où le chauffage prime. Une épaisseur de 30 cm au confort d’été, dans les régions où la canicule dure longtemps. |
| La capillarité structurelle de la terre cuite garantit une respiration naturelle de la maison. En hiver, elle absorbe cinq fois moins d’eau qu’un mur ordinaire isolé intérieurement. Cette propriété, ajoutée à l’absence de pont thermique, préserve la salubrité de la construction et la performance de l’isolation. Grâce à l’homogénéité de la température dans toute l’épaisseur du mur, les risques de condensation sont quasiment nuls. |
| En cas d’inondation ou de dégât des eaux, les qualités mécaniques et thermiques de la brique Monomur demeurent intactes après séchage, sans engendrer de travaux importants. |
UNE MISE EN ŒUVRE SIMPLE ET DE QUALITE La maison construite dans ce reportage est réalisée avec des Monomur “Bio’Bric” de la société Bouyer Leroux. Proposées en 37,5 cm d’épaisseur, les briques mesurent 27,5 cm de long et 21,2 cm de haut. Comme tous les Monomur, ces briques sont rectifiées en usine, donc parfaitement calibrées. Ce qui assure une précision de pose optimale et permet d’utiliser la technique du joint mince. |
| Appelée pose collée ou maçonnerie roulée, cette pose entraîne un chan¬gement des habitudes. Le mortier prêt à l’emploi s’étale sur les briques en couche fine, soit 1 mm d’épaisseur. La pose est plus rapide : le temps de mise en œuvre est divisé par deux. Et la quantité de mortier passe de 6 tonnes à 200 kilos pour une maison de 120 m2. |
| La grande diversité des accessoires composant ce système constructif (poteaux, linteaux, ébra¬sements, abouts de dalle…) simplifie considérablement la mise en œuvre du matériau (moins d’une heure au mètre carré). |
| Employant très peu de mortier, le Monomur se distingue également par son temps de séchage réduit. Puisque aucun isolant supplémentaire n’est nécessaire, il peut être rapidement enduit à l’intérieur. Les enduits extérieurs sont réalisés traditionnellement. Autre avantage : la rapidité d’exécution diminue le délai entre la construction et l’occupation des locaux. |
| Tous les types de fixations, même lourdes, sont possibles dans cette brique sans qu’il soit nécessaire de la renforcer. Pour le passage des gaines, il suffit de réaliser une saignée le long des alvéoles de la brique sans craindre d’altérer son pouvoir isolant. |
TRADUCTION Les caractéristiques de l’isolation thermique des parois d’une maison s’expriment par
un coefficient de transmission thermique U en W/m2.K et/ou par la résistance thermique R en m2.K/W. Plus U est faible, plus l’isolation est efficace.
Plus R est élevé, meilleure est la performance. |
LA GUERRE DES BLOCS Blocs de béton, béton cellulaire et brique Monomur se livrent une lutte acharnée à coups
de publicité et de communiqué de presse. Ils mettent en avant leurs caractéristiques écologiques, thermiques et acoustiques. Ils promettent également l’innocuité pour la santé des occupants (émissions très faibles de COV…). En comparant ces critères, on s’aperçoit en effet que les trois types de blocs sont à peu près à égalité.
Les différences notables concernent la mise en œuvre et surtout le coût. Sur ce dernier plan, l’avantage revient au bloc de béton, suivi de la brique Monomur, puis du béton cellulaire. |
| Niveau : confirmé
Matériel : bétonnière, auge, brouette, pelles, truelles,
outils spécifiques au système “brique Monomur”
Coût : Monomur “Bio’Bric” 30 cm : 75 € HT/m2 et 37,5 cm : 90 € HT/m2 (hors accessoires, chaînage et coulage béton dans les linteaux et les poteaux), soit un surcoût de 1 500 à 2 000 € pour une maison de 100 m2 habitables par rapport à une construction traditionnelle
Durée : 30 % de moins qu’un système constructif traditionnel |
| Le premier rang doit être d’une planéité rigoureuse. Il conditionne l’aplomb du mur, l’alignement des briques et la rapidité de mise en œuvre. Le point haut de la dalle est déterminé au niveau laser. |
| À partir du point haut et à l’aide de platines spéciales, l’épaisseur du mortier d’arase est réglée, soit plus ou moins 2 cm. |
| C’est un mortier traditionnel à la chaux hydraulique qui est étalé. |
| Le mortier est mis à niveau avec une règle métalli¬que prenant appui sur les guides des platines. Une coupure de capillarité (bande de fondation en bitu¬me ou mortier hydrofugé) est à prévoir en zone humide. |
| La première rangée de briques Monomur est posée sur le mortier d’arase frais. Elle peut l’être aussi sur un mortier sec : utiliser alors le mortier spécial joints minces étalé préalablement sur cette arase. |
| L’alignement du premier rang est réalisé avec un cor¬deau tendu entre chaque extrémité du mur. |
| La planéité est vérifiée horizontalement et verticalement au niveau et rectifiée avec un maillet en caoutchouc. |
| Le mortier-colle pour joints minces se présente en sac de 25 kg. Il est mélangé à l’aide d’un malaxeur dans 8 à 9,5 litres d’eau propre. Le malaxage est prolongé 3 minutes afin d’obtenir un mélange homogène. |
| Le mortier est versé dans la réserve du rouleau applicateur spécial pour joints minces. Déplacé régu¬ lièrement, le rouleau dépose une couche de colle de 1 mm d’épaisseur sur les alvéoles des briques. |
| Les briques sont posées simplement sur le lit de colle. Elles s’emboîtent verticalement par un système de rainures et de languettes. La gorge centrale subsistant entre les blocs ne sera pas remplie de mortier. |
| À mesure de l’avancement, l’alignement est rectifié en tapotant les briques avec un maillet en caoutchouc. La verticalité est vérifiée au fil à plomb. L’horizontalité, en principe, n’est pas à vérifier. |
| La gamme “Bio’Bric” de Bouyer Leroux comporte un bloc “multiple”. Il se retaille facilement à la scie égoïne électrique (type “Alligator”) pour fabriquer des briques sur mesure. |
| Pour réaliser le tableau d’une ouverture, des blocs multiples entiers et recoupés sont superposés. Avec une meuleuse d’angle, il est aisé de découper la feuillure qui accueillera la menuiserie. |
| Après découpe à la meuleuse, les alvéoles à supprimer pour créer la feuillure se détachent aisément et proprement à la hachette. Il suffit d’un peu d’entraînement pour réaliser l’opération avec cet outil. |
| Dans les angles, au niveau des murs de refend, des briques “poteaux” sont posées alternativement dans un sens puis dans l’autre, pour réaliser le har¬page des parois tout en ménageant une réservation. |
| L’armature est glissée dans la réservation, de 12 x 12 cm environ, des briques Monomur. Elle est ancrée par retour d’équerre dans les planchers et les chaînages horizontaux avant la coulée du béton. |
| Le coffrage des linteaux s’effectue à partir de briques spéciales linteaux. Elles possèdent une réservation qui permet la pose des armatures et le coulage du béton. |
| Elles sont soutenues par des planches mises à niveau et étayées. |
| Des blocs de chaînage horizontal sont collés sur la rangée inférieure de briques Monomur au niveau de chaque plancher, ainsi qu’au couronnement des murs. La réservation permet de placer les fers d’armature. |
| La brique Monomur n’échappe pas à certaines règles de la maçonnerie traditionnelle. Les armatures de chaînage horizontales sont ligaturées au ferraillage des poteaux raidisseurs et d’angle. |
| Le béton est coulé dans les chaînages horizontaux et verticaux. Il faudra attendre son séchage pour retirer les éventuelles planches de coffrage et les étais des linteaux des différentes ouvertures. |
| Au niveau des fenêtres, il est conseillé d’utiliser l’embase spéciale Monomur sur laquelle seront collés les appuis Monomur. Ces accessoires garantissent l’étanchéité et limitent le pont thermique. |
| À l’extérieur, les enduits sont traditionnels (2-3 couches) ou monocouches projetés à la machi¬ne, puis tirés à la règle et talochés. À l’intérieur, les murs sont enduits au plâtre ou autre produit compatible. |