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Construire demain : Agir sur l’enveloppe
Extrait de l'article page 38 du numéro 756 - Système D - janvier 2009
 
Crédits:J.-P. DECROIX
 
Autant porteur qu’isolant, le « monomur » doublé d’une isolation par l’extérieure permet d’obtenir un habitat hautement performant.
 
L’appellation « Monomur » s’applique à des maçonneries réalisées avec des blocs dont la fabrication et le mode de pose permettent d’assurer à la fois la fonction porteuse et isolante (on parle de murs à « isolation répartie »), contrairement à la maçonnerie classique avant tout porteuse.

LE « MONOMUR » : UNE TECHNIQUE DE QUALITE
Il s’agit essentiellement de blocs de terre cuite alvéolée (Imerys Structure, Bouyer Leroux, Wienerberger…) ou de béton cellulaire (Xella Thermopierre) de 30 et 37 cm d’épaisseur. Conformes à la démarche Haute qualité environnementale (HQE), ces matériaux possèdent une inertie thermique naturelle qui garantit un climat intérieur équilibré en réduisant les écarts de température jour/nuit, été comme hiver. Barrières hygrométriques naturelles, les « monomurs » préservent la performance de l'isolation. Leur pose s’effectue à joints minces grâce à leurs bords rectifiés.
Appelée « pose collée » ou « maçonnerie roulée », cette technique améliore l’isolation en supprimant le pont termique créé par le joint. Le temps de mise en œuvre est divisé par deux et la quantité de mortier fortement diminuée.
Les « monomurs » constituent un système constructif homogène, performant et complet grâce aux accessoires (linteau, poteaux, ébrasements, abouts de dalle, blocs de chaînage…). Un monomur bien réalisé affiche une résistance thermique de 2,3 à 3 m2.K/W environ selon l’épaisseur et le matériau (performance compatible avec la RT 2005).

DES BLOCS INTERMEDIAIRES
Le coût d’un « monomur » (de 60 à 90 € HT/m2 fourni et posé) est son principal handicap. Le renforcement à venir des normes en préparation (RT 2010…) va imposer des performances plus importantes, ce qui limitera leur intérêt dans l’avenir. Dans la construction neuve, l’isolation par l’intérieur avec un complexe de doublage (plaque de plâtre BA 13 + 100 mm de polystyrène expansé (PSE) associée à des blocs béton perdure chez les maçons depuis des années.
Pour pallier ces inconvénients, les fabricants de « monomur » proposent des blocs intermédiaires de 20 cm d’épaisseur (« BGV » de Bouyer Leroux, « MI 335 » de Xella Thermopierre…). Moins performants (R = 1 à 1,67 m2.K/W selon le matériau), ces blocs offrent une résistance thermique inégalée quand ils sont associés à une isolation intérieure complémentaire classique. Dans ce cas, ils atteignent aisément les performances fixées par la RT 2005 avec seulement 5 cm d’isolation rapportée. Quant aux performances à venir, il faudra sans doute prévoir 10 cm d’isolation rapportée (R = 4 m2.K/W et plus).

L’ISOLATION PAR L’EXTERIEUR
Appelée « ITE », l’isolation thermique par l’extérieur n’est guère utilisée en France. C’est pourtant la solution la plus performante car en enveloppant le bâtiment, elle supprime tous les ponts thermiques. La solution la plus courante consiste à fixer sur les murs des isolants en mousse synthétique ou en laine minérale et à les recouvrir d’un bardage ou d’un enduit de façade. En ce qui concerne la toiture, l’ITE passe par les panneaux porteurs isolants. Ils simplifient la charpente. En supprimant les chevrons et en dégageant le volume des combles, ils permettent de gagner en surface habitable. Ils supportent tout type de tuiles ou d’ardoises (Efisol, Knauf, Eternit, Isover, Unilin…).

COMMENT COMPARER LE BILAN ECOLOGIQUE DE DEUX PRODUITS
Pour déclarer l’impact sur l’environnement de leurs produits de construction (de la fabrication ou de l’extraction à la fin de vie), les fabricants disposent de « Fiches de déclaration environnementale et sanitaire » (FDES). Elles sont établies par les industriels selon un référentiel élaboré par l’Afnor de façon à synthétiser les caractéristiques des différents produits de construction. La base de données est consultable sur www.inies.fr.
Construits en blocs de béton cellulaire de 20 cm d’épaisseur, les murs de cette maison doublés avec un complexe isolant (PSE Th 38 10+100) se caractérisent par des performances thermiques largement supérieures à la RT 2005, avec un R de 4,37 m2.K/W. « MI 335 », Xella Thermopierre. Prix sur devis
Répondant aux exigences de la RT 2005, les briques « monomurs » de 30 ou 37,5 cm d’épaisseur forment une excellente barrière aux échanges thermiques. Doc. Fédération Française des Tuiles et Briques.
Disponibles avec de nombreuses finitions en sous-face (plaques de plâtre, lambris, planches…), les panneaux isolants porteurs constituent une isolation efficace tout en simplifiant la charpente. « Fibratec Evolution », en 200 mm d’épaisseur et finition planches. Knauf. 95 à 105 € HT/m2 (fourni et posé).
La brique de terre cuite en 20 cm d’épaisseur apporte jusqu’à 30 % en gain de productivité. La mise en œuvre est rapide grâce au grand format, aux poignées intégrées et aux bords et faces rectifiés. « BGV Thermo », Bouyer Leroux. 24 € HT/m2 (avec le mortier colle).
 
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